Les entreprises investissent déjà dans des actions climatiques que leurs inventaires de GES ne reflètent pas : acier vert, carburant d’aviation durable (SAF), contrats d’achat d’électricité renouvelable, programmes carbone basés sur la nature. Le cadre Actions et Instruments de Marché (AMI) du GHG Protocol vise précisément à combler cet écart entre ce que vous financez et ce que vous pouvez rendre compte de façon crédible.
Le 31 mars 2026, le GHG Protocol a publié son livre blanc de phase 1 sur les AMI et ouvert une consultation publique de 60 jours, jusqu’au 31 mai 2026. Ce calendrier est court, mais les implications stratégiques pour les équipes data, finance et opérations sont immédiates : la prochaine génération de reporting climatique ne se limitera plus à un inventaire unique Scope 1/2/3.
Pour les entreprises soumises à la CSRD ou qui préparent des objectifs SBTi, le cadre AMI arrive comme une couche supplémentaire de rigueur sur des exigences déjà en place. Comprendre les quatre composantes proposées, préparer vos données et cartographier vos instruments de marché dès 2026 vous place en avance lorsque le standard complet sortira, probablement en 2027.
Ce guide explique pourquoi le modèle actuel montre ses limites, ce que propose le cadre AMI, ce que cela signifie concrètement pour votre organisation, comment structurer vos données environnementales pour cette évolution, et les trois facteurs clés de succès pour être prêt avant la clôture de la consultation.
Un nouveau chapitre dans la comptabilisation carbone des entreprises
Pourquoi les investissements climatiques restent invisibles
Pendant des années, les entreprises ont consacré des budgets à des actions climatiques qui n’apparaissent nulle part dans leurs inventaires de GES. Ces investissements sont réels, matériels, et pourtant la plupart des rapports ne peuvent pas les comptabiliser de manière standardisée et vérifiable.
Le 31 mars 2026, le GHG Protocol a publié son livre blanc AMI de phase 1, ouvrant une consultation qui pourrait transformer la façon dont les entreprises mesurent et communiquent leur contribution climatique complète. Ce n’est pas une mise à jour procédurale mineure : le cadre propose de dépasser le modèle d’inventaire unique qui définit la comptabilisation des GES depuis la publication du Corporate Standard en 2001.
Harmonisation avec Scope 2 et l’agenda COP30
L’initiative AMI s’inscrit dans un effort plus large d’harmonisation des standards de comptabilisation carbone, accéléré depuis l’agenda d’action de la COP30. Le partenariat du GHG Protocol avec l’ISO, les consultations en cours sur le Scope 2 et le cadre AMI convergent vers un même objectif : un système global de transparence climatique assez rigoureux pour l’application réglementaire et assez crédible pour résister au regard des investisseurs.
Explorez le hub empreinte carbone pour suivre ces évolutions au fil de leur publication.
Pourquoi le cadre actuel montre ses limites
Conçu pour mesurer les émissions, pas l’action climatique
Le Corporate Standard actuel divise les émissions en Scope 1 (directes), Scope 2 (énergie achetée) et Scope 3 (chaîne de valeur). Ce modèle est puissant, mais il a été conçu pour un monde où l’objectif principal était de mesurer ce qu’une entreprise émet, pas ce qu’elle fait activement pour accélérer la décarbonisation au-delà de ses opérations.
Imaginez une entreprise manufacturière qui cofinance un programme pilote d’acier vert avec un fournisseur, achète des certificats SAF ou investit dans l’agriculture régénérative dans son bassin d’approvisionnement. Aucune de ces activités ne réduit les chiffres Scope 1, 2 ou 3 de façon transparente et comparable. L’argent circule, les résultats climatiques peuvent être réels, mais la structure de reporting n’a pas de place cohérente pour les accueillir.
Un environnement de claims « au-delà de la chaîne de valeur »
Le résultat est un paysage de déclarations « beyond value chain » qui varient fortement en méthodologie, qualité et crédibilité. Cela pose problème aux investisseurs qui évaluent l’ambition climatique, aux régulateurs qui luttent contre le greenwashing, et aux entreprises qui cherchent à distinguer l’action réelle du bruit marketing.
Pour les équipes qui préparent déjà la double matérialité CSRD, cette fragmentation alimente des risques de contradiction entre l’inventaire GES, les narratives climatiques et les disclosures ESRS.
Ce que propose le cadre AMI
Quatre composantes complémentaires
Le livre blanc AMI introduit une architecture de reporting multi-déclarations construite sur quatre composantes :
Inventaire physique de GES. C’est le modèle Scope 1/2/3 existant, inchangé. Il reste la base.
Inventaire basé sur le marché. Il capture l’impact en émissions des décisions d’achat contractuelles : certificats d’électricité, SAF, hydrogène vert, acier vert et instruments similaires. Les entreprises rendraient compte de la façon dont leurs choix d’approvisionnement influencent la trajectoire d’émissions des marchés qu’elles alimentent.
Déclaration d’impact GES. Elle applique des méthodes de comptabilité conséquentielle pour mesurer l’impact climatique réel des investissements et interventions. Plutôt que d’attribuer des émissions à une entreprise, elle pose la question : à quoi ressemblerait la trajectoire d’émissions sans l’action de cette entreprise ?
Indicateurs non-GES. Taux d’adoption technologique, flux d’investissement financier et autres métriques qui ne se réduisent pas à un équivalent CO2 mais portent un signal climatique significatif.
Le cadre précise que ces quatre composantes sont complémentaires, pas concurrentes. L’inventaire physique reste central. Les déclarations additionnelles apportent du contexte, démontrent l’intention et créent un espace crédible pour communiquer des investissements climatiques qui vivent aujourd’hui dans une zone grise non régulée.
Ce que cela signifie concrètement pour les entreprises
Calendrier et implications immédiates
La fenêtre de consultation se ferme le 31 mai 2026. Un projet de standard complet est attendu en 2027. Ce calendrier peut sembler lointain, mais les implications stratégiques sont immédiates.
Votre stratégie d’investissement climatique est sous surveillance. Si vous financez des interventions hors de votre chaîne de valeur directe et les qualifiez d’« action climatique », attendez-vous à ce que le cadre normatif exige bientôt un compte rendu rigoureux.
Le risque de greenwashing est réel et croissant. Le cadre AMI est explicitement conçu pour distinguer les investissements climatiques crédibles des actions superficielles. Les exigences de qualité mentionnées dans le livre blanc signalent que le GHG Protocol entend tracer une ligne claire.
Le Scope 2 et le secteur électrique sont centraux. L’initiative AMI s’appuie directement sur les consultations en cours du GHG Protocol sur la comptabilité conséquentielle du Scope 2. Si votre entreprise a une approvisionnement significatif en énergies renouvelables, suivez les deux fils de travail en parallèle. Consultez notre analyse sur la réponse EFRAG au Scope 2 du GHG Protocol.
Les implications sectorielles varient. Pour les industries énergivores, la comptabilité basée sur le marché pour les achats verts deviendra probablement une attente de conformité. Pour le secteur financier, la méthodologie de déclaration d’impact GES pourrait transformer la mesure des contributions climatiques au niveau du portefeuille.
Conseil : Avant de répondre à la consultation ou de publier de nouvelles claims climatiques, figez un registre écrit de vos instruments de marché (PPA, GO, SAF, acier vert) avec le responsable data, le contrat source et la méthode actuelle. C'est la base dont vous aurez besoin pour classer chaque instrument dans le futur cadre multi-déclarations.
Des inventaires aux déclarations multiples : une base de données pour plusieurs sorties
Un jeu de données, plusieurs déclarations
Le même socle de données environnementales peut alimenter l’inventaire physique Scope 1/2/3, l’inventaire basé sur le marché, la déclaration d’impact GES et les indicateurs non-GES, en plus du reporting CSRD et des objectifs internes de décarbonisation. Définir une fois la traçabilité des contrats, certificats et investissements évite la duplication et réduit le risque de contradiction entre frameworks.
Pour les équipes qui maîtrisent déjà le guide complet des scopes, le cadre AMI ajoute des couches de reporting sans remplacer l’inventaire existant. Il demande en revanche des données plus granulaires sur les instruments contractuels et les interventions financées.
Préparer l’infrastructure data dès 2026
Le cadre AMI exigera des données plus fines et plus diverses que le Corporate Standard actuel. Les entreprises les mieux positionnées seront celles qui disposent aujourd’hui de pipelines data flexibles, pas celles qui construiront tout en 2027. La collecte automatisée des données et le reporting multi-cadres permettent de structurer ces flux avant que le standard ne devienne obligatoire.
Vous gérez des PPA, des certificats renouvelables ou des achats SAF ? Voyez comment Dcycle relie contrats, preuves et inventaires GES dans une couche unique prête pour l'AMI.
Parler à notre équipeDéfis courants lors de la préparation au cadre AMI
Claims climatiques sans méthodologie traçable
Défi : Les équipes communication publient des récits climatiques que les équipes data ne peuvent pas relier à des contrats, certificats ou preuves d’impact.
Approche : Auditez vos claims actuelles. Identifiez celles qui reposent sur une méthodologie robuste et celles vulnérables à un examen plus strict. Assignez un responsable par type d’instrument de marché.
Instruments de marché dispersés dans plusieurs systèmes
Défi : Les PPA vivent chez les juristes, les GO dans la comptabilité énergie, les achats SAF dans les voyages d’affaires, et les investissements « beyond value chain » dans des fichiers isolés.
Approche : Cartographiez l’exposition aux instruments de marché. Comprenez quels certificats, contrats et achats vous détenez et comment ils seraient classés dans le cadre multi-déclarations. Introduisez une couche centrale qui consolide et versionne les preuves.
Sous-estimer le lien avec Scope 2
Défi : Traiter l’AMI et la révision Scope 2 comme des sujets séparés alors qu’ils partagent la même logique de comptabilité basée sur le marché et conséquentielle.
Approche : Suivez les deux consultations en parallèle. Alignez vos méthodes de calcul Scope 2 location-based et market-based avec la préparation AMI pour éviter de reconstruire deux fois la même infrastructure.
Que faire avant le 31 mai 2026
Contribuer à la consultation
La consultation du GHG Protocol est ouverte à toutes les parties prenantes. Si votre entreprise a une perspective sur la comptabilisation des instruments de marché ou des investissements climatiques, c’est le moment de contribuer. Les standards qui en sortiront façonneront le reporting corporate pour une génération.
Trois actions immédiates pour chaque équipe
- Auditez vos claims d’investissement climatique actuelles. Identifiez celles fondées sur une méthodologie solide et celles exposées à un examen renforcé.
- Cartographiez votre exposition aux instruments de marché. Comprenez quels certificats, PPA, achats SAF et contrats d’achat vert vous détenez et comment ils se classeraient dans le cadre multi-déclarations.
- Évaluez votre infrastructure data. Identifiez les lacunes avant qu’elles ne deviennent des problèmes de conformité.
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Voir la démoPourquoi Dcycle est la bonne solution pour préparer l’AMI
Chez Dcycle, nous accompagnons quotidiennement des entreprises qui naviguent l’écart entre ce que montrent leurs inventaires GES et ce que représentent réellement leurs investissements climatiques. La consultation AMI formalise un problème que nos clients nous posent depuis des années : comment comptabiliser une action climatique qui sort de la boîte Scope 1/2/3 ?
Notre plateforme de données environnementales centralise contrats, certificats, factures, données fournisseurs et preuves d’investissement avec traçabilité de la source au reporting. Quand les cadres normatifs élargissent leur périmètre, le défi data grandit avec eux : nouveaux types de données, nouveaux instruments contractuels à suivre, valider et rendre compte.
Nous ne sommes pas auditeurs ni consultants. Nous sommes une plateforme de données pour les entreprises qui doivent centraliser, gouverner et exploiter leurs données environnementales avec rigueur, afin de servir reporting, économies et décisions opérationnelles depuis une base unique.
3 facteurs clés de succès pour préparer le cadre AMI
Avant d’investir dans de nouveaux outils ou processus, trois capacités déterminent si votre organisation sera prête lorsque le standard AMI entrera en vigueur.
1. Intégration des données sur les instruments de marché
Les preuves AMI vivent dans des contrats PPA, des registres de certificats, des bases achats, des systèmes ERP et des dossiers juridiques. Une plateforme adaptée doit s’intégrer à ces sources, pas reconstruire des tableurs avant chaque cycle de reporting.
Ce qu’il faut rechercher :
- Connecteurs aux systèmes énergie, achats et finance
- Extraction automatisée des métadonnées contractuelles
- Validation et rapprochement des certificats et factures
- Capacités API pour les intégrations sur mesure
La collecte automatisée des données est le point de départ pour toute entreprise qui veut des inventaires cohérents entre entités et pays.
2. Reporting multi-cadres depuis une base unique
Le cadre AMI s’ajoute à Scope 1/2/3, CSRD, SBTi et reporting interne. Vous avez besoin d’une architecture qui produit plusieurs sorties sans dupliquer la collecte ni créer des contradictions entre déclarations.
Ce qu’il faut rechercher :
- Inventaire physique et market-based alignés
- Traçabilité entre claims d’impact et preuves sous-jacentes
- Reporting segmenté par entité, site ou filière
- Workflows de revue et d’approbation documentés
Le reporting multi-cadres permet de structurer ces sorties avant que l’AMI ne devienne une attente réglementaire.
3. Gouvernance des preuves et résistance au greenwashing
Les auditeurs, investisseurs et régulateurs demanderont des preuves cohérentes et une méthodologie claire, surtout pour les investissements « beyond value chain ». Le livre blanc AMI insiste sur des exigences de qualité solides.
Ce qu’il faut rechercher :
- Référentiel documentaire avec métadonnées et recherche
- Lien entre chaque claim et la preuve contractuelle ou financière
- Contrôle de version et suivi des échéances de certificats
- Piste d’audit et droits d’accès
Conclusion
Le cadre AMI du GHG Protocol marque un changement fondamental dans la façon dont l’action climatique des entreprises sera mesurée et communiquée. La fenêtre de consultation de 60 jours est courte ; le calendrier de mise en œuvre est plus long, mais les entreprises qui traitent 2026 comme une année de préparation, et non d’attente, seront les mieux positionnées à l’arrivée du standard.
Les organisations qui structurent leurs données environnementales une seule fois peuvent servir inventaire physique, inventaire basé sur le marché, déclaration d’impact, CSRD et objectifs SBTi depuis le même socle. Le temps de préparation diminue parce que les données circulent depuis les systèmes opérationnels au lieu de reconstructions annuelles en tableur, et les contradictions entre narratives climatiques et inventaires GES disparaissent quand un seul jeu de données alimente chaque sortie.
Dcycle vous aide à collecter l’information environnementale une fois et à la distribuer vers chaque usage qui compte : inventaires GES, reporting CSRD, questionnaires investisseurs et tableaux de bord internes. Avec Dcycle, vous pouvez maîtriser votre préparation AMI, réduire le risque de greenwashing et garantir la traçabilité complète des instruments de marché et des investissements climatiques.
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Demander une démoQuestions fréquentes (FAQs)
Qu'est-ce que le cadre AMI du GHG Protocol ?
Le cadre Actions et Instruments de Marché (AMI) est une initiative du GHG Protocol, présentée dans un livre blanc de phase 1 publié le 31 mars 2026. Il propose une architecture de reporting à plusieurs déclarations : inventaire physique de GES (Scope 1/2/3), inventaire basé sur le marché, déclaration d'impact GES et indicateurs non-GES. L'objectif est de rendre compte de façon crédible des investissements climatiques qui ne trouvent pas leur place dans l'inventaire unique actuel.
Quand se termine la consultation publique AMI ?
La consultation publique ouverte avec le livre blanc de phase 1 se poursuit sur 60 jours, jusqu'au 31 mai 2026. Toutes les parties prenantes peuvent contribuer. Un projet de standard complet est attendu en 2027. Les entreprises ont intérêt à préparer leurs données et leurs positions dès maintenant, même si l'obligation formelle arrivera plus tard.
Le cadre AMI remplace-t-il Scope 1, 2 et 3 ?
Non. L'inventaire physique Scope 1/2/3 reste la base du cadre. Les composantes AMI s'ajoutent pour capturer l'impact des instruments de marché, des investissements conséquentiels et d'indicateurs non-GES. Les quatre composantes sont complémentaires, pas concurrentes. Consultez le [guide complet des scopes](/fr/blog/scope-emissions-complete-guide-fr) pour le socle existant.
Quels instruments de marché sont concernés ?
Le livre blanc cite notamment les certificats d'électricité, le SAF, l'hydrogène vert, l'acier vert et des instruments similaires liés à des décisions d'achat contractuelles. Les entreprises devraient cartographier leurs PPA, garanties d'origine, achats SAF et contrats d'approvisionnement vert pour anticiper la classification dans l'inventaire basé sur le marché.
Comment l'AMI se connecte-t-il à la révision Scope 2 ?
L'initiative AMI s'appuie directement sur les consultations en cours du GHG Protocol sur la comptabilité conséquentielle du Scope 2 et le secteur électrique. Si vous avez un approvisionnement significatif en énergies renouvelables, suivez les deux fils en parallèle. Notre article sur la réponse EFRAG au Scope 2 détaille les enjeux européens.
Pourquoi Dcycle est-il adapté à la préparation AMI ?
Parce que Dcycle est conçu pour la rigueur des données environnementales. La plateforme centralise contrats, certificats, factures et preuves d'investissement avec traçabilité, et produit des sorties multi-cadres (GHG Protocol, CSRD, SBTi) depuis une base unique. Explorez le hub empreinte carbone ou demandez une démo pour voir comment cela fonctionne pour votre organisation.
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